Qu'est-ce qu'une action en Bourse ?

Lorsque l'on évoque la Bourse, un mot revient invariablement : « action ». Pourtant, seuls 40 % des Français déclarent comprendre suffisamment ce qu’est une action pour envisager d'investir (étude Lise × poll&roll, « Les Français et la Bourse », juin 2026).
Un paradoxe, alors que l'action est l'un des actifs de base de l'investissement boursier. Qu'est-ce qu'une action ? Quels droits donne-t-elle ? Quels sont les risques et les gains liés aux actions ? C'est le sujet de cet article.
Qu'est-ce qu'une action ?
Une action est un titre financier qui représente une fraction du capital d'une société et donne à son détenteur, l'actionnaire, des droits sur cette société.
Qu'est-ce que le capital ? Le capital (ou capital social) est un montant inscrit dans les statuts, le document fondateur qui fixe les règles de fonctionnement de la société. À la création de la société, il est constitué des apports en argent ou en biens que les associés (qu'ils soient fondateurs, opérationnels ou investisseurs) lui font en échange de ses actions. Il peut ensuite évoluer : augmenter, grâce à de nouveaux apports ou à des bénéfices mis en réserve, ou au contraire diminuer. C'est ce capital qui est divisé en actions.
Pour illustrer concrètement ce qu'est une action, prenons un exemple chiffré. Imaginons une entreprise dont le capital est divisé en 10 000 actions dites « ordinaires » (c’est-à-dire sans droits spécifiques).
Détenir 100 de ces actions revient à posséder 1 % de son capital. Cela donne 1 % des droits de vote en assemblée générale (la réunion des actionnaires qui prend les grandes décisions de la société). Et si l'entreprise décide de reverser une partie de ses bénéfices à ses actionnaires, sous forme de dividendes, l'actionnaire en reçoit 1 %. L'actionnaire devient ainsi associé de la société, à hauteur de sa part.
Les entreprises peuvent émettre différentes classes d'actions. En Bourse, la grande majorité des titres négociés sont des actions ordinaires, offrant des droits de vote et de dividendes standards. Toutefois, il existe également des actions de préférence offrant des droits particuliers - comme des dividendes prioritaires ou majorés, parfois en contrepartie d'une absence de droit de vote - ainsi que des actions à droit de vote double récompensant la détention sur le long terme.
Valeur nominale d'une action ou cours d'une action : quelle différence ?
La valeur nominale est la part de capital que représente une action, exprimée en euros. On l'obtient en divisant le capital par le nombre d'actions. Si l'entreprise de notre exemple a un capital de 100 000 €, divisé en 10 000 actions, chaque action a donc une valeur nominale de 10 €.
Le cours est le prix auquel l'action s'échange en Bourse. Il dépend de l'offre et de la demande, c'est-à-dire de ce que les investisseurs sont prêts à payer au vu des résultats et des perspectives de l'entreprise. Il n'a donc pas de lien direct avec la valeur nominale : une action d'une valeur nominale de 10 € peut s'échanger 3 € comme 300 €.
Quelle est la définition juridique d'une action ?
En droit français, une action est définie par plusieurs caractéristiques précises. Attention, c'est un peu technique.
- Les actions sont émises par les sociétés par actions (Code de commerce, article L. 228-1). Il s'agit principalement de la société anonyme (SA), de la société par actions simplifiée (SAS) et de la société en commandite par actions (SCA). Les sociétés à responsabilité limitée (SARL), par exemple, ne peuvent pas émettre d'actions : leur capital est divisé en « parts sociales » (Code de commerce, article L. 223-2).
- Une action est un titre financier et plus précisément un titre de capital (Code monétaire et financier, article L. 211-1). Elle représente une part du capital de la société et non une dette. Contrairement à un prêt, l'argent apporté n'a donc pas vocation à être remboursé, et aucun revenu n'est garanti.
- Une action est négociable. Elle se transmet d'un compte-titres à un autre et c'est son inscription sur le compte de l'acheteur qui en transfère la propriété (article L. 211-17).
- Une action doit être inscrite au nom de son propriétaire, soit sur un compte-titres, tenu par un intermédiaire financier (banque, courtier) ou par la société elle-même, soit sur une blockchain (Code de commerce, article L. 228-1).
- Toutes les actions d'une même catégorie donnent les mêmes droits (Code de commerce, article L. 228-1). La loi distingue les actions ordinaires et les actions de préférence, qui peuvent être émises avec ou sans droit de vote et donner des droits particuliers, comme un dividende plus élevé (article L. 228-11). En Bourse, les actions échangées sont, dans la grande majorité des cas, des actions ordinaires. Les actions de préférence se rencontrent surtout dans les sociétés non cotées.
- Les actionnaires ne supportent les pertes de la société qu'à hauteur de leurs apports (Code de commerce, article L. 225-1, pour la SA). Si l'entreprise fait faillite, l'actionnaire peut perdre la totalité de ce qu'il a investi, mais pas davantage. Sauf engagement personnel, comme une caution, les créanciers de la société ne peuvent pas se retourner contre les biens personnels de l'actionnaire.
Pourquoi une entreprise émet-elle des actions ?
Une entreprise émet des actions pour financer ses projets (construire une usine, lancer un nouveau produit, se développer à l'international…) sans s'endetter. En ouvrant son capital à de nouveaux actionnaires, elle récupère de l'argent qu'elle n'aura pas à rembourser et sur lequel elle ne paie pas d'intérêts.
On parle de financement en fonds propres : l'argent vient d'investisseurs qui deviennent actionnaires, et non de prêteurs. C'est tout l'inverse d'un emprunt, auprès d'une banque ou sous forme d'obligations, que l'entreprise doit rembourser avec intérêts, quels que soient ses résultats.
Comment se déroule une augmentation de capital en Bourse ?
Émettre de nouvelles actions pour lever des fonds, c'est réaliser une augmentation de capital : l'entreprise crée de nouvelles actions et les vend à des investisseurs. Cette opération peut intervenir à trois moments de sa vie :
- Avant toute cotation : l'entreprise vend ses nouvelles actions sans passer par la Bourse, par exemple à des fonds d'investissement ou via des plateformes de financement participatif.
- Lors de son introduction en Bourse : ses actions deviennent, pour la première fois, échangeables sur un marché boursier. L'entreprise en profite souvent pour émettre de nouvelles actions. L'opération peut aussi consister, en tout ou en partie, à vendre des actions existantes, par exemple celles des fondateurs.
- Une fois cotée : l'entreprise peut réaliser de nouvelles augmentations de capital, ouvertes, selon les cas, à ses actionnaires existants et à de nouveaux investisseurs. Sa présence en Bourse facilite ces opérations, puisqu'elle a déjà accès à un large public d'investisseurs.
Le prix de ces nouvelles actions, appelé prix d'émission, est fixé au moment de l'opération. Il tient compte de ce que vaut l'entreprise à ce moment-là, et non de la valeur nominale fixée à sa création. La différence entre ce prix et la valeur nominale s'appelle la prime d'émission (Code de commerce, article L. 225-128).
Reprenons notre exemple : l'entreprise émet 2 000 nouvelles actions, d'une valeur nominale de 10 €, au prix de 30 € chacune. Elle lève ainsi 60 000 €. Son capital augmente de 20 000 € (2 000 × 10 €), et les 40 000 € restants sont inscrits en prime d'émission. Les deux montants restent dans l'entreprise et servent à financer ses projets.
Cette vente d'actions nouvelles se déroule sur le marché primaire. Les échanges ultérieurs entre investisseurs ont lieu sur le marché secondaire. Deux notions détaillées dans notre article sur la Bourse et son fonctionnement. La contrepartie d'une augmentation de capital, c'est le partage, avec un effet appelé la dilution.
Qu'est-ce que la dilution ?
La dilution, c'est la baisse de la part du capital d'un actionnaire lorsque l'entreprise émet de nouvelles actions et qu'il n'en achète pas assez pour la maintenir.
Elle s'explique simplement. Les nouveaux actionnaires obtiennent, en principe, les mêmes droits que les détenteurs d'actions existantes. Notamment celui de voter en assemblée générale et celui de recevoir une part des dividendes, c'est-à-dire des bénéfices que l'entreprise décide de distribuer. Cette décision est prise par l'assemblée générale qui approuve les comptes, en principe une fois par an (Code de commerce, article L. 232-12).
Pour les actionnaires déjà présents qui n'achètent pas de nouvelles actions, ou pas assez, la conséquence est directe : leur part du capital diminue mécaniquement, et avec elle leur part des droits de vote et des dividendes distribués.
Dans notre exemple, l'entreprise passe de 10 000 à 12 000 actions. L'actionnaire qui en détient 100 ne possède plus 1 % du capital, mais environ 0,83 %. Pour conserver ses 1 %, il devrait acheter 20 des nouvelles actions, afin d'en détenir 120 sur 12 000. La loi lui permet d'ailleurs de les acheter en priorité, grâce au droit préférentiel de souscription.
Action, obligation, ETF : quelles différences ?
En Bourse, on n'achète pas que des actions. Deux autres produits (titres financiers) reviennent souvent, les obligations et les ETF, et ils fonctionnent très différemment. Ils sont d'ailleurs encore moins bien compris que l'action : 18 % des Français disent comprendre suffisamment ce qu'est une obligation pour investir et seulement 10 % pour les ETF (étude Lise × poll&roll, juin 2026).
Qu'est-ce qu'une obligation ?
Une obligation est un prêt. En achetant une obligation, on prête de l'argent à une entreprise ou à un État, pour une durée fixée à l'avance. En échange, l'emprunteur verse des intérêts, en général chaque année, puis rembourse la somme prêtée à la fin du prêt, à l'échéance.
La différence avec l'action est fondamentale. L'actionnaire est associé de la société : il partage ses bénéfices, mais aussi ses risques, sans aucune garantie de revenu. Le détenteur d'une obligation est un créancier : ses intérêts et son remboursement sont prévus au contrat. Il perd de l'argent surtout si l'emprunteur ne peut plus payer ou s'il revend son obligation avant l'échéance à un prix plus bas. Et en cas de faillite, il est remboursé avant les actionnaires.
Qu'est-ce qu'un ETF ?
Un ETF (Exchange Traded Fund), ou fonds indiciel coté, est un fonds d'investissement qui s'achète et se vend en Bourse et qui reproduit le plus souvent l'évolution d'un indice boursier.
Un indice boursier mesure l'évolution d'un ensemble d'actions, sélectionnées selon des règles précises : par exemple, les plus grandes entreprises d'un pays. Le CAC 40 suit ainsi 40 des plus grandes sociétés cotées à Paris.
Il en existe beaucoup d'autres, comme le S&P 500, qui regroupe 500 des plus grandes entreprises américaines, le Nasdaq-100, qui réunit les 100 plus grandes sociétés non financières cotées sur le Nasdaq (une bourse américaine où sont cotés de nombreux géants de la technologie) ou encore le MSCI World, qui couvre les grandes et moyennes entreprises des pays développés.
Mais revenons à notre ETF qui est, concrètement, une sorte de panier d'actions. En achetant un ETF CAC 40, par exemple, on investit en une seule fois dans les 40 entreprises qui composent cet indice. On n'achète donc pas une entreprise, mais un petit morceau de toutes celles de l'indice. Cela permet de répartir son argent sur de nombreuses sociétés en une seule opération. En contrepartie, on ne choisit pas les entreprises une à une et on n'a pas de droit de vote sur elles.
Quels droits donne une action ?
Une action donne quatre grands droits : voter, recevoir une part des bénéfices, être informé et être protégé en tant qu'actionnaire minoritaire.
Une action donne-t-elle le droit de voter ?
Oui, mais il peut y avoir des exceptions. En principe, chaque action donne le droit de voter en assemblée générale, avec au moins une voix par action (Code de commerce, article L. 225-122). Le poids de chaque actionnaire est donc proportionnel à la part de capital qu'il détient. Et tout actionnaire peut assister à l'assemblée, quel que soit le nombre d'actions qu'il possède.
L'assemblée générale vote notamment l'approbation des comptes, la distribution des dividendes, la nomination des administrateurs et les modifications des statuts.
En ce qui concerne les exceptions, la loi permet certains aménagements, que chaque entreprise choisit ou non d'appliquer dans ses statuts. Certaines actions bénéficient ainsi d'un droit de vote double, quand elles sont détenues au nominatif depuis au moins deux ans par le même actionnaire (Code de commerce, article L. 225-123). Une manière de récompenser les actionnaires fidèles. À l'inverse, certaines actions de préférence n'ont aucun droit de vote (article L. 228-11).
Une action rapporte-t-elle forcément un dividende ?
Non. Le dividende est la part des bénéfices que l'entreprise décide de reverser à ses actionnaires, proportionnellement au nombre d'actions détenues. C'est l'assemblée générale qui décide chaque année de verser ou non un dividende et d'en fixer le montant. Une entreprise peut choisir de ne rien distribuer, pour réinvestir ses bénéfices ou tout simplement parce qu'elle n'en fait pas.
Quelles informations l'actionnaire peut-il obtenir ?
L'actionnaire a le droit de connaître la situation de la société dont il est actionnaire. Avant l'assemblée générale annuelle, il peut notamment consulter les comptes annuels, les rapports présentés à l'assemblée et le texte des résolutions soumises au vote (Code de commerce, article L. 225-115). Dans une société anonyme, il peut aussi poser des questions écrites, auxquelles les dirigeants sont tenus de répondre pendant l'assemblée (article L. 225-108).
Les sociétés cotées ont des obligations supplémentaires. Elles doivent publier régulièrement leurs résultats et informer rapidement le public de tout événement important susceptible d'influencer leur cours.
Comment les petits actionnaires sont-ils protégés ?
Un actionnaire qui détient une petite part du capital, dit minoritaire, bénéficie de protections spécifiques.
La principale est l'offre publique obligatoire. Dans une société cotée, quand un investisseur franchit un certain seuil de détention, il doit proposer de racheter les actions de tous les autres actionnaires, à des conditions contrôlées par l'Autorité des marchés financiers (AMF). Chaque petit porteur peut ainsi choisir de vendre plutôt que de rester dans une société passée sous un nouveau contrôle.
Ce seuil est de 30 % du capital ou des droits de vote sur un marché réglementé comme Euronext Paris (règlement général de l'AMF, article 234-2). Il est porté à 50 % sur certains marchés destinés aux plus petites entreprises, comme Euronext Growth, qui ont le statut de « système multilatéral de négociation organisé » (article 235-2).
Autre protection, le droit préférentiel de souscription. Lors d'une augmentation de capital en numéraire (par apport d'argent), les actionnaires existants peuvent acheter en priorité les nouvelles actions, proportionnellement à celles qu'ils détiennent déjà (Code de commerce, article L. 225-132). Cela leur permet d'éviter la dilution. L'assemblée générale peut toutefois décider de supprimer ce droit.
Comment gagne-t-on (ou perd-on) de l'argent avec une action ?
On peut gagner de l'argent avec une action de deux façons : par les dividendes et par la plus-value lors de la revente sur le marché secondaire. On peut également en perdre, jusqu'à la totalité de la somme investie. C'est ce qu'on appelle le risque de perte en capital.
Le dividende est un revenu versé par l'entreprise, lorsqu'elle le décide. La plus-value est la différence positive entre le prix de revente de l'action et son prix d'achat. Elle n'est réalisée qu'au moment de la vente : tant que l'action n'est pas vendue, on parle de plus-value latente.
La moins-value est l'inverse. Si l'action est revendue moins cher qu'elle n'a été achetée, l'investisseur perd la différence. Et si l'entreprise fait faillite, l'action peut perdre toute sa valeur, car les actionnaires ne sont servis qu'après le remboursement de tous les créanciers.
Le cours d'une action varie au fil des échanges, selon l'offre et la demande. Celles-ci dépendent des résultats de l'entreprise, de ses perspectives, de la conjoncture économique ou du sentiment général des investisseurs.
À cela s'ajoute un risque de liquidité : pour vendre une action, il faut trouver un acheteur. Sur les titres peu échangés, cela peut prendre du temps ou obliger à accepter un prix plus bas.
Enfin, deux éléments réduisent ce que l'on gagne réellement : les frais et les impôts. Les frais d'abord. Acheter et vendre des actions entraîne des commissions, appelées frais de courtage, et parfois des droits de garde, qui rémunèrent la conservation des titres. Leur montant dépend de l'intermédiaire choisi (BoursoBank, Fortuneo, Trade Republic…).
Les impôts ensuite. Sur un compte-titres ordinaire (CTO), les dividendes et les plus-values sont imposés par défaut à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux). C'est ce qu'on appelle le prélèvement forfaitaire unique (PFU), ou flat tax (Service Public, 2026). Sur un plan d'épargne en actions (PEA) ouvert depuis au moins 5 ans, seuls les prélèvements sociaux, de 18,6 %, restent dus (impots.gouv.fr, 2026).
Où et comment détenir des actions ?
Aujourd'hui, une action n'est plus un document papier. C'est une inscription dans un compte, tenu par l'entreprise elle-même ou par un intermédiaire financier.
Depuis quand les actions n'existent-elles plus sur papier ?
Longtemps, les actions ont pris la forme de certificats imprimés, que l'on conservait chez soi ou dans un coffre. Les titres dits « au porteur » circulaient alors de main en main, comme des billets de banque et la société émettrice ignorait qui détenait ses actions.
La loi de finances pour 1982 a mis fin à ce système. Un décret du 2 mai 1983 en a organisé l'application, avec une première phase achevée en novembre 1984. Les porteurs avaient ensuite jusqu'au 2 mai 1988 pour déposer leurs anciens titres papier en compte (Assemblée nationale). Depuis, une action française n'existe plus que sous forme d'inscription sur un compte ou, aujourd'hui, sur une blockchain.
Action au porteur ou au nominatif : quelle différence ?
Il existe trois façons de détenir une action :
- Au porteur : l'action est inscrite sur le compte de l'investisseur chez son intermédiaire financier (banque ou courtier en ligne). L'entreprise ne connaît pas directement l'identité de ses actionnaires.
- Au nominatif administré : l'actionnaire est inscrit dans le registre de l'entreprise, mais son compte reste géré par son intermédiaire habituel, c'est-à-dire sa banque ou son courtier en ligne.
- Au nominatif pur : le compte est ouvert directement auprès de chaque société dont on détient des actions.
Dans les deux derniers cas, l'actionnaire est connu de l'entreprise et reçoit directement les documents liés aux assemblées générales.
Quel que soit le mode choisi, l'actionnaire reste libre de vendre ses actions à tout moment.
Sur quel compte détenir ses actions en Bourse ?
Pour acheter des actions, un particulier ouvre en général un compte auprès d'un intermédiaire financier (banque, courtier en ligne…). Il a principalement le choix entre deux types de comptes.
Le compte-titres ordinaire (CTO) est le plus simple. Il permet d'acheter tout type de titres (actions françaises ou étrangères, obligations, ETF…) sans plafond de versement.
Le plan d'épargne en actions (PEA) est réservé aux actions d'entreprises européennes et à certains fonds, avec un plafond de versement de 150 000 € (ministère de l'Économie, 2025). En contrepartie de ces limites, il offre un avantage fiscal : après 5 ans, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu, mais restent soumis aux prélèvements sociaux.
Il en existe aussi une version dédiée aux petites et moyennes entreprises (PME) et aux entreprises de taille intermédiaire (ETI) : le PEA-PME-ETI. Il fonctionne comme un PEA classique, avec deux différences. Il est réservé aux titres de ces entreprises et son plafond de versement est plus élevé, à 225 000 € (ministère de l'Économie, 2025). Les deux plans peuvent être cumulés, mais le total des versements ne peut pas dépasser 225 000 €, dont 150 000 € au maximum sur le PEA classique.
Comment acheter une action ?
Acheter une action se fait en trois étapes.
- Ouvrir un compte : un compte-titres ordinaire ou un PEA, auprès d'une banque ou d'un courtier en ligne. Avant de passer un premier ordre, il est recommandé de lire la convention de compte qui précise notamment les frais appliqués, ainsi que la façon dont les ordres de Bourse sont transmis et exécutés : les types d'ordres proposés, les moyens de les passer (en ligne, par téléphone…) et les délais de traitement.
- Approvisionner ce compte : l'argent déposé servira à payer les actions achetées ainsi que les frais de courtage.
- Passer un ordre de Bourse : c'est l'instruction donnée à l'intermédiaire, le plus souvent en ligne. L'ordre précise le sens de l'opération (achat ou vente), l'action choisie, le nombre de titres, le type d'ordre et sa durée de validité.
Il existe plusieurs types d'ordres et les trois plus courants sont :
- L'ordre « au marché » : il est exécuté immédiatement, dès qu'un vendeur se présente, mais sans aucune maîtrise du prix payé. Sur une action peu échangée, il peut aussi n'être exécuté qu'en partie.
- L'ordre « à la meilleure limite » : il est exécuté au meilleur prix proposé par les vendeurs au moment où il arrive sur le marché. Il n'offre aucune garantie sur le prix et peut n'être exécuté qu'en partie.
- L'ordre « à cours limité » : l'investisseur fixe le prix maximum qu'il accepte de payer. Il maîtrise ainsi son prix, mais l'ordre n'est exécuté que si le cours descend à ce niveau.
Par défaut, un ordre n'est valable que pour la séance en cours. Il peut aussi rester actif jusqu'à une date choisie ou jusqu'à ce que l'investisseur l'annule (AMF, 2021).
Qui tient le registre des actions ?
Il y a deux niveaux. Le compte de l'actionnaire est tenu par son intermédiaire financier (le courtier en ligne ou la banque) ou par l'entreprise elle-même dans le cas d'une action au nominatif pur.
Ensuite, notamment pour les actions cotées, un organisme central tient la comptabilité d'ensemble : le dépositaire central de titres. En France, ce rôle est historiquement assuré par Euroclear France. Depuis le 21 septembre 2026, les transactions sur les actions d'Euronext Paris sont réglées par défaut chez Euronext Securities, le dépositaire central du groupe Euronext, Euroclear France restant une alternative (PostTrade360, 2026).
Le dépositaire central ne connaît pas directement les investisseurs : il tient les comptes des intermédiaires financiers, qui regroupent les titres de leurs clients. Il organise aussi le règlement-livraison, c'est-à-dire l'étape finale d'une transaction : les titres sont livrés à l'acheteur et l'argent est versé au vendeur, en même temps.
Qu'est-ce qu'une action tokénisée ?
Une action tokénisée est une action dont l'inscription est enregistrée sur une blockchain plutôt que dans une base de données classique. Sa nature juridique ne change pas. C'est toujours une action, avec les mêmes droits.
Selon la loi française, une action peut ainsi être inscrite au nom de son propriétaire soit sur un compte classique, soit dans un « dispositif d'enregistrement électronique partagé », comme une blockchain (Code de commerce, article L. 228-1).Précision : s'il est bien question de blockchain et de token (jeton numérique), une action tokénisée n'est pas une cryptomonnaie. Elle reste soumise à la réglementation des instruments financiers, comme toute action (AMF, 2025).
Au niveau européen, le règlement (UE) 2022/858, dit « régime pilote DLT » (Distributed Ledger Technology, technologie des registres distribués), permet depuis 2023 à des infrastructures de marché d'utiliser cette technologie, sous le contrôle des régulateurs.
Surtout, il autorise une même entité à cumuler deux rôles habituellement séparés : celui de bourse, qui organise les échanges, et celui de dépositaire central, qui tient le registre des titres et règle les transactions. Une seule infrastructure peut ainsi couvrir tout le parcours d'un titre, de sa négociation jusqu'à son règlement et à sa conservation.
En résumé, le passage du papier à l'inscription en compte en 1984 et celui de l'inscription en compte à la blockchain relèvent de la même logique. Seul le support du registre change.
Quels sont les avantages d'une action tokénisée ?
Le principal avantage est la rapidité. Sur les marchés classiques, l'échange des titres contre leur paiement intervient aujourd'hui au plus tard deux jours après la transaction (T+2), et passera à un jour (T+1) le 11 octobre 2027 (règlement (UE) 2025/2075). Lorsqu'une infrastructure de marché agréée tient le registre des titres sur une blockchain et organise leur échange contre l'argent, la livraison des titres et le paiement peuvent être synchronisés, et une transaction réglée quasi instantanément.
Deuxième avantage : moins d'intermédiaires. Sur un marché classique, une transaction passe par plusieurs acteurs : la banque ou le courtier de l'acheteur, celui du vendeur, souvent une chambre de compensation, puis le dépositaire central. Chacun intervient à son étape, avec ses propres délais et ses propres frais.
Lorsqu'une même infrastructure assure à la fois la négociation et le règlement, cette chaîne se raccourcit, ce qui peut simplifier les opérations et en réduire le coût. L'investisseur peut même détenir ses titres directement, inscrits à son nom sur le registre, sans passer par un intermédiaire financier : c'est une possibilité, mais pas une obligation.
Troisième avantage : la traçabilité et la sécurité du registre. Chaque mouvement de titres est inscrit dans un registre partagé, qui conserve l'historique complet des transactions et qu'il est pratiquement impossible de falsifier.
Il s'agit d'une technologie encore nouvelle, en cours de déploiement, mais sur laquelle les autorités européennes misent clairement. Son usage sur les marchés financiers est encadré depuis 2023 par le régime pilote, qui limite pour l'instant les actions concernées à celles de sociétés dont la capitalisation boursière (la valeur totale de leurs actions en Bourse) est inférieure à 500 M€ (Autorité européenne des marchés financiers, ESMA, 2026).
En décembre 2025, la Commission européenne a proposé de pérenniser ce cadre et d'en étendre fortement le champ, avec l'objectif de passer d'une phase d'expérimentation à un véritable marché régulé à l'échelle européenne.
Une action de PME est-elle différente d'une action de grand groupe ?
Non, pas juridiquement. Une action d'une PME cotée et une action d'un grand groupe sont de même nature et donnent les mêmes types de droits. Ce qui change, c'est la taille de l'entreprise, le marché sur lequel elle est cotée et, parfois, le niveau de liquidité.
L'intérêt des Français pour les actions n'a jamais été aussi élevé : 34 % déclarent s'intéresser à ce type de placement, un record depuis la création du baromètre de l'AMF en 2017 (AMF, 2025).
Pourtant, dans l'esprit du public, la Bourse reste celle des grandes entreprises. Interrogés sur ce qu'il est possible d'acheter en Bourse, près de 45 % des Français citent spontanément les grandes capitalisations européennes et 37 % les géants américains. Les PME et ETI n'arrivent qu'à 24 % des réponses, et 26 % des Français reconnaissent ne pas savoir du tout dans quoi il est possible d'investir (étude Lise × poll&roll, juin 2026).
Les actions de PME présentent généralement quelques spécificités. Elles sont souvent cotées sur des marchés dédiés, avec des règles adaptées. Sur certains de ces marchés, comme Euronext Growth, l'offre publique obligatoire se déclenche à partir de 50 % du capital ou des droits de vote, contre 30 % sur un marché réglementé comme Euronext Paris. Et comme toutes les petites valeurs, leur cours peut varier plus fortement et elles peuvent être moins faciles à revendre.
Peut-on acheter des actions sur Lise ?
Oui, car Lise est une bourse. Et comme toute bourse, elle permet aux entreprises de lever des fonds en émettant des actions et aux investisseurs de les acheter et de les revendre.
Mais c'est une bourse d'un genre nouveau. Elle fonctionne entièrement sur un registre distribué, de type blockchain, dans le cadre du régime pilote européen (règlement (UE) 2022/858). Les actions qui y sont cotées sont des actions nativement tokénisées.
Concrètement, Lise opère un marché d'actions, un système multilatéral de négociation organisé (SMNO) enregistré comme marché de croissance des PME. Elle assure aussi le règlement-livraison des titres grâce à son registre distribué.
Elle réunit ainsi deux fonctions habituellement séparées, celles de bourse et de dépositaire central, sous le contrôle de l'AMF et de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), qui lui a délivré son agrément.
Les actions cotées sur Lise ont la même nature et donnent les mêmes types de droits que celles cotées sur les marchés traditionnels. Ce qui change, c'est que les transactions y sont réglées instantanément, que le marché est ouvert 24 h/24 et 7 j/7 et que les investisseurs peuvent ouvrir un compte-titres directement chez Lise, sans passer par un courtier.
Côté fiscalité, les titres cotés sur Lise ne sont pas éligibles au PEA. Ils peuvent en revanche ouvrir droit, sous conditions, à la réduction d'impôt sur le revenu pour souscription au capital de PME, dite IR-PME, dont le taux standard est de 18 % en 2026 (LégiFiscal, 2026). Cette réduction concerne uniquement les souscriptions au capital, par exemple lors d'une introduction en Bourse, et suppose notamment de conserver les titres au moins 5 ans.
La première introduction en Bourse sur Lise a été celle de ST Group, une PME toulousaine spécialisée dans les matériaux composites pour l'aéronautique, la défense et le spatial. Elle a permis de lever 2,07 M€ en avril 2026 (Tout sur mes finances, 2026). L'opération a été présentée comme une première mondiale sur une infrastructure conçue dès l'origine sur une blockchain.
Questions fréquentes
Combien vaut une action ?
Il n'existe pas de prix type. Le prix d'une action cotée est son cours, qui varie au fil des échanges selon l'offre et la demande. Il peut aller de quelques centimes à plus de 1 000 € selon les sociétés. À ce prix s'ajoutent les frais de l'intermédiaire ou de la plateforme utilisée pour acheter.
Qu'est-ce que le rendement d'une action ?
C'est le rapport entre le dividende versé sur un an et le cours de l'action. Par exemple, une action cotée à 50 € et qui verse un dividende de 2 € a un rendement de 4 %. Ce chiffre permet de comparer les dividendes de différentes sociétés, mais il ne dit rien de l'évolution future du cours, ni de la capacité de l'entreprise à maintenir ce dividende.
Peut-on détenir des actions d'une entreprise non cotée ?
Oui. Toute société par actions a un capital divisé en actions, qu'elle soit cotée ou non. La cotation permet seulement de les échanger sur un marché organisé, ce qui facilite l'achat et la revente. Les actions d'une société non cotée sont en général beaucoup plus difficiles à revendre.
Paie-t-on des impôts si l'on ne vend pas ses actions ?
Sur la plus-value, non. Tant que l'action n'est pas vendue, le gain reste latent et n'est pas imposé. En revanche, sur un compte-titres ordinaire, la vente suffit à rendre la plus-value imposable, même si l'argent reste sur le compte ou est réinvesti. Les dividendes, eux, sont imposés dès qu'ils sont versés, même si l'on conserve ses actions. Dans un PEA, à l'inverse, on peut vendre et racheter des actions à l'intérieur du plan sans être imposé : les gains ne le sont qu'au moment d'un retrait.
Peut-on acheter une fraction d'action ?
Pas au sens juridique. En droit français, une action est indivisible à l'égard de la société qui l'a émise (Code de commerce, article L. 228-5). Certaines plateformes proposent toutefois d'investir dans des « fractions d'actions ». Selon les offres, l'investisseur détient alors une part d'une action conservée par la plateforme, un simple droit contractuel ou un produit dérivé, et pas toujours l'action elle-même.
Sources
- Lise × poll&roll : Les Français et la Bourse, une culture financière encore trop limitée (40 % comprennent suffisamment ce qu'est une action pour investir, 18 % pour les obligations, 10 % pour les ETF ; près de 45 %, 37 % et 24 % pour les grandes capitalisations européennes, les géants américains et les PME/ETI ; 26 % ne savent pas dans quoi investir ; juin 2026), lise.com/blog/etude-exclusive-lise-les-francais-et-la-bourse-une-culture-financiere-encore-trop-limitee
- AMF : synthèse de la consultation publique sur les offres publiques d'acquisition (seuil de 30 % de l'offre obligatoire, 2011), amf-france.org
- AMF : règlement général, article 235-2 (seuil de 50 % sur un système multilatéral de négociation organisé), amf-france.org/fr/eli/fr/aai/amf/rg/article/235-2/20120712/notes
- Service Public Entreprendre : passage du PFU de 30 % à 31,4 % au 1er janvier 2026, entreprendre.service-public.gouv.fr/actualites/A18796
- Assemblée nationale : question écrite n° 166, 9e législature (calendrier de la dématérialisation des valeurs mobilières, 1982-1988), assemblee-nationale.fr/dyn/9/questions/QANR5L9QE166.pdf
- AMF : Nominatif ou porteur, bien choisir le mode de détention de vos actions (les trois modes de détention), amf-france.org/fr/espace-epargnants/comprendre-les-produits-financiers/actions-obligations/actions/nominatif-ou-porteur-bien-choisir-le-mode-de-detention-de-vos-actions
- Ministère de l'Économie : Qu'est-ce que le PEA ? (plafonds de 150 000 € pour le PEA et de 225 000 € pour le PEA-PME-ETI, cumul, 2025), economie.gouv.fr/particuliers/gerer-mon-argent/gerer-mon-budget-et-mon-epargne/quest-ce-que-le-plan-depargne-en-actions-pea
- impots.gouv.fr : fiscalité des retraits du PEA (exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans, 18,6 % de prélèvements sociaux, 2026), impots.gouv.fr/particulier/questions/jai-un-plan-depargne-en-actions-pea-les-retraits-sont-ils-imposables
- AMF : Choisir et passer un ordre de bourse, ce qu'il faut savoir (types d'ordres, convention de compte, 2024), amf-france.org/fr/espace-epargnants/comprendre-les-marches-financiers/les-ordres-de-bourse/choisir-et-passer-un-ordre-de-bourse-ce-quil-faut-savoir
- AMF : guide « Choisir et passer un ordre de bourse » (validité des ordres, 2021), amf-france.org/sites/institutionnel/files/pdf/69106/fr/Choisir_et_passer_un_ordre_de_bourse__ce_qu'il_faut_savoir.pdf
- PostTrade360 : Euronext Securities devient le dépositaire central par défaut d'Euronext Paris, Amsterdam et Bruxelles le 21 septembre 2026 (2026), posttrade360.com/news/infrastructure/euronext-sets-21-september-2026-go-live-for-alternative-csd-framework
- AMF : Le règlement européen Markets in Crypto-Assets (MiCA) (les actions inscrites sur registre distribué restent soumises à la réglementation des instruments financiers, 2025), amf-france.org/fr/actualites-publications/dossiers-thematiques/mica
- EUR-Lex : synthèse du règlement sur le régime pilote DLT (application depuis le 23 mars 2023), eur-lex.europa.eu/FR/legal-content/summary/market-infrastructures-based-on-distributed-ledger-technology.html
- AMF : dossier thématique sur le règlement-livraison à T+1 (T+2 actuel, T+1 au 11 octobre 2027), amf-france.org/fr/actualites-publications/dossiers-thematiques/le-reglement-livraison-t1
- ESMA : DLT Pilot Regime (application depuis le 23 mars 2023, actions dont la capitalisation est inférieure à 500 M€, 2026), esma.europa.eu/esmas-activities/digital-finance-and-innovation/dlt-pilot-regime
- CMS Francis Lefebvre : proposition de la Commission européenne du 4 décembre 2025 sur le régime pilote, cms.law/en/fra/news-information/union-de-l-epargne-et-des-investissements-siu
- AMF : Baromètre de l'épargne et de l'investissement 2025 (34 % des Français s'intéressent aux placements en actions, niveau record depuis 2017), amf-france.org/fr/actualites-publications/communiques/communiques-de-lamf/barometre-amf-2025-en-quete-dautonomie-les-francais-sont-nombreux-recourir-lintelligence
- Le Monde du Droit : agrément de l'ACPR obtenu par Lise pour opérer un SNR DLT, lemondedudroit.fr/deals/100995-gide-conseil-de-lise-dans-le-cadre-de-lobtention-de-lagrement-dentreprise-dinvestissement-pour-operer-un-snr-dlt.html
- LégiFiscal : taux de 18 % de la réduction IR-PME en 2026, legifiscal.fr/actualites-fiscales/4616-prorogation-reduction-impot-25-souscription-capital-entreprise-solidaire-commentee-bofip.html
- Tout sur mes finances : clôture de l'introduction en Bourse de ST Group (2,07 M€ levés, avril 2026), toutsurmesfinances.com/bourse/?p=50083