La Bourse, tout le monde en a déjà entendu parler : dans les journaux, à la télé, à la radio… Les Français sont même 35 % à envisager d'investir en actions dans les douze prochains mois, un chiffre en hausse de 5 points sur un an (Baromètre de l'Autorité des marchés financiers, AMF, décembre 2025).
Problème : seuls 40 % comprennent suffisamment ce qu'est une action pour oser se lancer (étude Lise × poll&roll, juin 2026). En clair, l'envie est là mais les connaissances, même basiques, manquent. Aujourd'hui, on reprend donc les bases avec une notion simple que tout investisseur en devenir se doit de connaître : qu'est-ce que c'est, concrètement, une bourse ? Éléments de réponse.
Une bourse est un marché où s'achètent et se vendent des titres financiers, comme des actions (une part du capital d'une entreprise) ou des obligations (une part de la dette d'une entreprise ou d'un État).
Le prix de ces titres évolue selon l'offre et la demande : plus les acheteurs sont nombreux pour un titre donné, plus son prix a tendance à monter et inversement. Contrairement à un échange entre deux particuliers, tout se déroule de façon organisée, transparente et au même prix pour tout le monde, au même instant.
On peut même aller plus loin avec la définition de la directive européenne MIF (Marchés d'Instruments Financiers), reprise à l'article L. 421-1, I, du Code monétaire et financier. Un marché y est qualifié de « marché réglementé » lorsqu'il est reconnu comme tel par son pays d'origine, fonctionne de façon régulière et applique des règles approuvées par les autorités compétentes pour encadrer l'accès au marché, l'admission des titres et le déroulement des échanges.
Dans le langage courant, on parle donc de « bourse » pour désigner toute plateforme où s'échangent des titres. Dans les textes de loi, c'est un peu plus précis que cela : selon la façon dont elle est organisée et encadrée, une plateforme pourra être qualifiée de « marché réglementé » ou de « système multilatéral de négociation » (deux catégories juridiques distinctes avec chacune ses propres règles). Mais ne compliquons pas l'affaire.
Le concept de bourse n'est pas nouveau. La première connue remonte à 1309, à Bruges, où des marchands se réunissaient près de la maison de la famille Van der Beurse pour échanger des créances et des titres (Citeco, Banque de France). C'est cependant à Amsterdam, en 1602, qu'apparaît la première bourse au sens moderne, avec la Compagnie néerlandaise des Indes orientales qui y vend les toutes premières actions ouvertes au public.
Depuis, chaque grande économie a développé la sienne. À New York se trouvent le NYSE et le Nasdaq (plébiscité par les entreprises de la tech). Londres a sa Bourse, Tokyo la sienne. En Europe continentale, c'est Euronext qui regroupe plusieurs places, dont celle de Paris, depuis le 22 septembre 2000.
Pour une entreprise, c'est un moyen de lever des capitaux, des fonds propres, en vendant une part de son capital plutôt qu'en empruntant à une banque. Elle y a recours pour financer sa croissance : ouvrir de nouveaux sites, recruter, investir en recherche et développement ou encore racheter une autre entreprise.
Contrairement à un emprunt, ces fonds n'alourdissent pas son endettement ni ses charges financières, ce qui lui laisse davantage de marge de manœuvre pour investir sans fragiliser sa trésorerie. En échange, l'entreprise partage une partie de son capital et potentiellement ses bénéfices futurs, avec des actionnaires.
Mais ce n'est pas la seule option : elle peut très bien emprunter auprès d'une banque, un prêt classique à rembourser avec intérêts. Elle peut aussi faire appel au capital-investissement (private equity), des fonds spécialisés qui prennent directement une participation dans son capital, sans passer par un marché coté. Elle peut également solliciter le financement participatif (crowdfunding), qui consiste à lever de petites sommes auprès d'un grand nombre de particuliers, le plus souvent via une plateforme en ligne.
Ce qui distingue la Bourse de ces trois options, c'est qu'elle ouvre le capital de l'entreprise à un grand nombre d'investisseurs en une seule fois, plutôt qu'à un seul prêteur ou un seul fonds. Une fois cotés, les titres s'échangent ensuite librement entre investisseurs, à un prix fixé par le marché plutôt que négocié au cas par cas.
Cette ouverture permet en outre à l'entreprise de lever des montants souvent plus importants tout en gagnant en visibilité, ce qui facilite en général de futures augmentations de capital une fois cotée et rassure ses banquiers.
Pour un particulier, c'est un moyen de placer son épargne dans l'espoir de la faire fructifier, avec en ligne de mire un rendement potentiellement supérieur à celui des placements sans risque.
Attention, néanmoins : contrairement à un livret d'épargne réglementé classique (comme le Livret A), le rendement n'est pas garanti et dépend de la performance des entreprises dans lesquelles on investit, ce qui implique une prise de risque réelle en contrepartie. Concrètement, cela veut dire que la valeur d'un titre peut baisser et l'investisseur perdre une partie, voire la totalité, de la somme investie.
Là aussi, d'autres options existent pour investir, comme l'assurance-vie ou l'immobilier locatif, par exemple. Mais la Bourse permet de devenir directement propriétaire d'une part d'entreprise (via une action) ou créancier d'une entreprise ou d'un État (une obligation), avec la possibilité de revendre ses titres à tout moment sur le marché, contrairement à des placements souvent moins liquides comme l'immobilier.
Investir en Bourse répond aussi, pour certains, à une motivation plus personnelle : investir son argent en soutenant une entreprise dont on apprécie les produits, ou dont on partage les valeurs, en devenant directement l'un de ses actionnaires plutôt qu'un simple client.
Pour être cotée en Bourse, une entreprise doit remplir certains critères et passer par un processus appelé introduction en Bourse ou IPO (Initial Public Offering, un terme anglais couramment utilisé même en français).
Ces critères d'admission varient selon le marché visé. Sur Euronext Paris, le marché réglementé destiné aux grandes entreprises, il faut mettre à disposition du public au moins 25 % de son capital dès l'introduction (ou 5 % si cela représente au moins 5 millions d'euros) et présenter trois années de comptes certifiés (Banque de France).
Pour les entreprises plus jeunes ou de taille plus modeste, Euronext Growth (la « branche » d'Euronext dédiée aux PME et ETI) applique des critères plus souples : un « flottant » (la part du capital réellement disponible à l'achat pour le public, hors participations stables comme celles des dirigeants) minimum de 2,5 millions d'euros, deux années de comptes certifiés au lieu de trois, mais l'obligation de s'appuyer sur un « listing sponsor », un intermédiaire agréé qui accompagne l'entreprise pendant au moins deux ans après son introduction.
Dans la plupart des cas, un prospectus détaillant l'activité, les comptes et les risques de l'entreprise doit être validé par l'Autorité des marchés financiers (AMF) avant toute cotation.
Enfin, il convient de préciser qu'une IPO est une procédure relativement longue (généralement entre six et neuf mois de travail) et coûteuse (entre 5 % et un peu plus de 10 % des fonds levés une fois comptés les honoraires des commissaires aux comptes, avocats, banques et communicants impliqués), selon Euronext.
Ce sont quelques-unes des raisons qui expliquent, entre autres, que certaines entreprises, hors grands groupes disposant des ressources nécessaires, renoncent à se faire coter.
C'est au moment de cette introduction en Bourse que se joue ce que l'on appelle le « marché primaire ». Avant de fixer le prix définitif, l'entreprise et ses banques conseils établissent d'abord une fourchette de prix indicative.
Pendant plusieurs jours, les investisseurs institutionnels (fonds d'investissement, assureurs, gérants d'actifs…) transmettent leurs intentions d'achat à différents niveaux de prix compris dans cette fourchette : c'est ce qu'on appelle la construction du livre d'ordres ou book building.
En croisant l'ensemble de ces intentions, les banques déterminent le prix d'introduction qui permet à la fois de lever le montant visé et de s'assurer que l'offre trouve suffisamment d'acheteurs. C'est ce prix, validé juste avant la première cotation, que les investisseurs particuliers paient ensuite pour acquérir leurs premières actions.
L'argent versé par tous ces investisseurs, institutionnels comme particuliers, va alors directement dans les caisses de l'entreprise.
Une fois ces titres cotés, commence alors ce que l'on appelle le « marché secondaire » : les investisseurs qui ont acheté des actions lors de l'introduction peuvent désormais les revendre, à tout moment, à d'autres investisseurs.
C'est là que se déroule l'essentiel de l'activité boursière au quotidien, bien après l'introduction elle-même. En effet, la quasi-totalité des transactions qu'on observe chaque jour sur les marchés concernent des titres déjà en circulation, pas de nouvelles émissions.
Le prix évolue alors librement selon l'offre et la demande, sans que l'entreprise n'intervienne ni ne touche le moindre centime à chaque échange.
C'est aussi ce marché secondaire qui donne toute sa valeur pratique à un titre coté : contrairement à une part dans une entreprise non cotée, difficile à revendre rapidement, une action cotée peut trouver preneur en quelques secondes, à tout moment d'une séance de Bourse.
Une fois cotée, l'entreprise a de nouvelles obligations à respecter durablement. Elle doit publier un rapport financier annuel dans les quatre mois suivant la clôture de son exercice, et un rapport financier semestriel dans les trois mois suivant la fin de chaque semestre (AMF).
Elle doit aussi tenir une assemblée générale annuelle, où les actionnaires votent notamment sur l'approbation des comptes et la nomination des dirigeants. Enfin, elle doit se doter d'une gouvernance renforcée, avec un conseil d'administration ou de surveillance, et, selon sa taille, un comité d'audit chargé de superviser la qualité de l'information financière publiée.
Investir en Bourse n'est réservé ni aux professionnels de la finance ni aux grandes fortunes : n'importe quel particulier majeur peut le faire, à condition de respecter quelques règles simples.
Il faut d'abord ouvrir un compte dédié auprès d'un courtier (souvent appelé broker) ou d'une banque. Deux types de comptes coexistent, chacun adapté à un usage différent.
Le compte-titres ordinaire (CTO) peut être ouvert à tout âge (y compris pour un mineur par ses représentants légaux) et n'a pas de plafond de versement. Il permet d'acheter des titres sur tous les marchés du monde, y compris américains ou asiatiques. En contrepartie, les gains y sont imposés dès la première année, généralement via le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, également appelé flat tax.
Le plan d'épargne en actions (PEA), quant à lui, est réservé aux majeurs domiciliés fiscalement en France. Il est plafonné à 150 000 € de versements (Service-public.fr) et limité aux actions d'entreprises dont le siège est situé dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen.
Il existe deux variantes : le PEA jeune, réservé aux 18-25 ans rattachés au foyer fiscal de leurs parents et plafonné à 20 000 € et le PEA-PME, dédié aux entreprises de taille plus modeste, cumulable avec un PEA classique dans la limite d'un plafond global de 225 000 € pour les deux enveloppes réunies.
En échange de ces restrictions, le PEA offre un avantage fiscal réel : après cinq ans de détention, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux restant dus, au taux de 18,6 % depuis le 1er janvier 2026 (Service-public.fr).
Certains fonds indiciels (des fonds qui répliquent la performance globale d'un indice), ou ETF (Exchange Traded Funds), permettent néanmoins de contourner cette limite géographique : ils détiennent réellement des actions européennes tout en répliquant la performance d'un indice hors Europe, comme le S&P 500. Ce montage, débattu à l'été 2026 lors des discussions sur le budget 2027, reste à ce jour autorisé.
Une fois ce compte approvisionné, l'achat se fait en passant un ordre, en indiquant le titre souhaité, la quantité et éventuellement un prix limite. Aucun montant minimum légal n'est imposé pour commencer : certains courtiers en ligne proposent même l'achat de fractions d'action, permettant d'investir quelques euros dans une entreprise dont le titre coûte plusieurs centaines d'euros.
Cet ordre est ensuite transmis au marché, où il est exécuté si un vendeur propose ses titres aux conditions demandées. Des frais de courtage s'appliquent généralement à chaque transaction.
Euronext Paris ouvre du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h 30 (Euronext), une amplitude horaire que la plupart des grandes places européennes partagent à quelques minutes près. En dehors de ces horaires, un ordre peut être transmis, mais il n'est exécuté qu'à la réouverture suivante.
À noter que les autres grandes places suivent, en toute logique, des horaires différents en fonction de leur fuseau horaire. Wall Street (NYSE et Nasdaq) par exemple ouvre à 9 h 30, heure locale (soit 15 h 30 heure de Paris en période d'heure d'été et 14 h 30 en hiver) et ferme à 22 h heure de Paris.
La Bourse de Tokyo, elle, est ouverte alors qu'il fait encore nuit en France : elle ouvre à 9 h, heure locale (soit autour de 1 h ou 2 h du matin heure de Paris selon la saison, avec une pause déjeuner locale qui interrompt la cotation en milieu de journée au Japon) et ferme à 15 h 30, heure locale (Japan Exchange Group), soit environ 7 h 30 ou 8 h 30 du matin heure de Paris.
Pour un investisseur qui passe des ordres sur plusieurs places à la fois, ce décalage horaire demande une certaine gymnastique : un ordre passé sur une valeur américaine avant 15 h 30 heure de Paris, par exemple, ne sera exécuté qu'à l'ouverture de Wall Street, quelques heures plus tard.
Pendant la séance, le prix d'un titre se forme par confrontation continue des ordres d'achat et de vente : c'est ce qu'on appelle le carnet d'ordres. Chaque acheteur indique le prix maximum qu'il est prêt à payer, chaque vendeur le prix minimum qu'il accepte.
Dès qu'un ordre d'achat et un ordre de vente se rencontrent au même prix, la transaction est exécutée et ce prix devient le nouveau cours du titre. Plus les ordres d'achat sont nombreux et agressifs par rapport aux ordres de vente, plus le cours a tendance à monter et inversement.
L'ouverture et la clôture de séance fonctionnent un peu différemment : les ordres s'accumulent d'abord sans s'exécuter, puis un seul prix d'équilibre est calculé pour l'ensemble d'entre eux. C'est ce qu'on appelle un fixing.
Mais avant qu'un ordre atteigne le marché, encore faut-il qu'il y parvienne. Comme aucun investisseur, particulier ou institutionnel, n'accède jamais directement à la Bourse, chacun passe systématiquement par un intermédiaire, un courtier ou une banque, qui transmet son ordre pour lui.
Une fois la transaction conclue, une chambre de compensation entre en jeu, Euronext Clearing pour les marchés actions de Paris. Son rôle : s'interposer entre l'acheteur et le vendeur, en devenant l'acheteur face à chaque vendeur et le vendeur face à chaque acheteur.
Concrètement, ni l'acheteur ni le vendeur ne traitent plus l'un avec l'autre, mais chacun avec la chambre de compensation elle-même. Si l'une des deux parties venait à faire défaut avant que la transaction soit réglée, l'autre serait tout de même payée ou livrée, la chambre de compensation absorbant le risque à sa place.
Pour se prémunir contre ce genre d'incident, elle exige de ses membres des garanties financières, appelées appels de marge, ainsi qu'une contribution à un fonds commun destiné à couvrir d'éventuelles défaillances.
Les grandes bourses historiques, comme Euronext, reposent sur une infrastructure de traitement des transactions construite progressivement, sur plusieurs décennies : cotation électronique, chambres de compensation, dépositaires centraux, chacun ajouté au fil des réglementations successives. Cette architecture reste, aujourd'hui encore, celle qui organise l'essentiel du marché européen.
Aujourd'hui, le règlement-livraison d'une transaction sur les marchés européens prend généralement deux jours ouvrés après la négociation, un cycle appelé T+2 : le temps que l'opération soit confirmée, compensée (une chambre de compensation regroupe et compense les positions de nombreux investisseurs pour réduire les flux à traiter) puis effectivement réglée par le dépositaire central, qui transfère titres et fonds. Ce délai va se raccourcir : l'Union européenne prévoit de passer à un règlement en un seul jour ouvré (T+1) à partir du 11 octobre 2027 (AMF), pour se rapprocher des standards déjà en vigueur aux États-Unis depuis 2024.
Face à ce constat, de nouvelles infrastructures de marché ont commencé à émerger, portées par une technologie récente : la blockchain ou DLT (Distributed Ledger Technology, registre distribué). Depuis 2023, un cadre européen spécifique, le régime pilote DLT (Règlement UE 2022/858), permet à certains acteurs de tester des infrastructures de marché fondées sur cette technologie, sous le contrôle des mêmes régulateurs que les marchés traditionnels. C'est le cas de Lise.
Concrètement, cette technologie permet de fusionner en une seule plateforme des fonctions qui, sur une bourse classique, sont réparties entre plusieurs intermédiaires : la négociation des titres et leur conservation. Les actions y sont alors représentées sous forme de jetons numériques, ou actions tokénisées, ce qui peut réduire les délais et les coûts d'accès au marché, notamment pour des entreprises plus petites.
Une bourse est une entreprise privée, dont l'activité est certes encadrée par des autorités publiques, mais qui ne leur appartient pas. C'est une idée reçue : on imagine souvent la Bourse d'un pays comme un organe étatique, sous contrôle du gouvernement.
Or, Euronext, qui opère la Bourse de Paris, est elle-même cotée en Bourse, sur son propre marché. Difficile d'imaginer un organisme d'État coter ses propres actions et les vendre à des investisseurs privés.
Trois acteurs bien distincts interviennent :
L'opérateur de marché : c'est lui qui fait fonctionner la plateforme où se rencontrent les ordres d'achat et de vente. En France et en Europe continentale, c'est Euronext, une société commerciale comme une autre.
Le régulateur : en France, c'est l'Autorité des marchés financiers (AMF), une autorité publique qui fixe les règles et surveille leur application. Au niveau européen, c'est l'ESMA (Autorité européenne des marchés financiers) qui coordonne cette supervision entre pays membres. Ni l'une ni l'autre ne possède ou n'exploite le marché : leur rôle est d'en garantir le bon fonctionnement, pas d'en être propriétaires.
Le dépositaire central : c'est lui qui conserve et met à jour le registre officiel de qui possède quoi. En Europe, c'est le plus souvent Euroclear qui joue ce rôle.
Trois métiers, trois responsabilités, trois entités distinctes, donc, pour une bourse qui n'est ni un ministère, ni une administration mais bien une infrastructure privée sous surveillance publique.
Oui, Lise est une bourse. Avec quelques précisions sur son statut juridique.
Lise est une entreprise d'investissement agréée par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et supervisée par l'AMF. Concrètement, elle opère un système multilatéral de négociation organisé (SMNO), enregistré comme Marché de croissance des PME, ainsi qu'un système de règlement fondé sur un registre distribué, au titre du Règlement européen 2022/858, celui-là même qui encadre le régime pilote DLT (la fameuse blockchain) évoqué plus haut.
En clair, Lise combine sur une seule plateforme deux des trois fonctions que l'on observe habituellement : celle d'opérateur de marché et celle de dépositaire central. C'est une première en Europe pour des actions.
Cette architecture change ce qui se passe une fois un ordre exécuté. Sur un marché traditionnel, le règlement d'une transaction s'effectue actuellement en deux jours ouvrés (T+2) - un délai qui doit passer à un seul jour ouvré (T+1) d'ici 2027 - le temps que la chaîne d'intermédiaires (banque de l'acheteur, banque du vendeur, chambre de compensation, dépositaire central) traite l'opération. Chez Lise, cette chaîne est concentrée sur une seule infrastructure, ce qui permet un règlement immédiat des transactions.
Concernant le troisième rôle, celui de régulateur, rien ne change : Lise reste sous la supervision des mêmes autorités publiques qu'Euronext, à savoir l'AMF et la Banque de France, avec une coordination européenne de l'ESMA et de la Banque centrale européenne lors de l'octroi de sa licence.
Lise est donc une bourse plus récente, construite sur une technologie différente, ouverte 24/7, qui intègre deux des trois fonctions obligatoires pour tout marché (opérateur et conservateur des titres) et reste soumise à la troisième, la supervision d'un régulateur indépendant.
Oui et c'est une différence majeure. Là où investir sur les marchés traditionnels suppose de passer par un courtier ou une banque, Lise permet d'ouvrir un compte directement sur sa propre plateforme : après vérification d'identité, un compte-titres est ouvert au nom de l'investisseur, alimenté par virement, sans intermédiaire supplémentaire.
L'ouverture de compte et la souscription à une introduction en Bourse sont gratuites. Les transactions sur le marché secondaire sont soumises à une commission dégressive, comprise entre 0,10 % et 0,25 % selon le volume négocié par l'investisseur sur les six derniers mois (Politique de transparence tarifaire, Lise, version 1.1 du 8 décembre 2025).
Une précision, tout de même : les titres détenus sur un compte Lise ne sont pas éligibles au PEA. Ils peuvent en revanche ouvrir droit à la réduction d'impôt IR-PME de 18 %, sous réserve que l'entreprise remplisse les critères d'une PME éligible, et que l'investisseur conserve ses titres au moins cinq ans, dans la limite de 50 000 € de versements (100 000 € pour un couple).
Trois grandes familles composent l'essentiel du marché. Les actions, une part de propriété dans une entreprise. Les obligations, une créance sur une entreprise ou un État, avec un intérêt fixé à l'avance. Et les ETF (Exchange Traded Funds ou trackers), qui regroupent en un seul titre un panier d'actions ou d'obligations, comme l'ensemble des valeurs d'un indice tel que le CAC 40. À côté de ces trois familles existent des produits plus complexes, réservés à des investisseurs plus aguerris : les warrants, les turbos, ou les CFD (Contracts For Difference). Ces produits permettent de parier sur la hausse ou la baisse d'un actif, souvent avec un effet de levier, ce qui démultiplie aussi bien les gains potentiels que les pertes.
Non. Investir consiste à acheter des actions ou d'autres titres pour les conserver sur la durée, avec l'objectif de profiter de leur potentielle progression et de leurs dividendes. Le trading, lui, vise des gains à court terme en multipliant les achats-reventes, souvent à l'aide de produits à effet de levier comme les CFD, qui permettent de miser une somme supérieure à son capital réel. Cette différence n'est pas qu'une question de « rythme » : elle change aussi radicalement le niveau de risque.
Pour un achat classique d'actions au comptant, non : la perte maximale est limitée au montant investi, dans le pire des cas si le titre perd toute sa valeur. Pour les CFD, la logique est un peu différente : depuis 2018, la loi européenne oblige les courtiers à garantir qu'un particulier ne peut jamais perdre plus que l'argent déposé sur l'ensemble de son compte. Concrètement, une position isolée peut coûter plus cher que ce qui lui était spécifiquement alloué, mais jamais plus que ce qu'il y a au total sur le compte : on peut tout perdre, mais plus se retrouver à devoir de l'argent en plus.
Le service de règlement différé (SRD), qui permet aussi d'emprunter pour investir davantage que son capital, ne bénéficie pas de cette même garantie : une perte supérieure à la mise initiale y reste bien possible, ce qui explique une partie des craintes autour de ces produits à effet de levier.
Non, ce n'est plus le frein qu'on imagine. La plupart des courtiers en ligne permettent d'ouvrir un compte-titres sans versement minimum et certains proposent l'achat de fractions d'action, ce qui rend accessibles des titres coûtant plusieurs centaines d'euros pièce avec une mise de départ de quelques dizaines d'euros seulement.
Une action donne un droit de propriété sur une entreprise, sans garantie de remboursement ni de revenu fixe : son rendement dépend entièrement de la performance de l'entreprise. Une obligation est une créance : l'émetteur (entreprise ou État) s'engage à verser un intérêt régulier, le coupon, et à rembourser le capital à une date fixée à l'avance. Ce remboursement n'est cependant pas garanti à 100 % : si l'émetteur fait défaut, c'est-à-dire s'il ne peut plus honorer sa dette, l'obligataire peut, comme l'actionnaire, perdre tout ou partie de son capital.
Oui, une entreprise peut être retirée de la cote, le plus souvent après le rachat de la quasi-totalité de son capital par un actionnaire majoritaire, via une offre publique de retrait. Lorsque cet actionnaire détient au moins 90 % du capital, il peut même imposer aux actionnaires restants la vente de leurs titres : c'est ce qu'on appelle un retrait obligatoire.
L'exécution d'un ordre, c'est-à-dire l'échange du titre contre de l’argent entre un acheteur et un vendeur peut se faire en quelques secondes. Le règlement de la transaction, c'est-à-dire le transfert effectif des titres et des fonds entre les deux parties, prend en revanche plus de temps : sur les marchés traditionnels européens, il s'effectue généralement deux jours ouvrés après la transaction (un cycle appelé T+2), un délai qui doit se réduire à un seul jour ouvré (T+1) à partir du 11 octobre 2027. Sur Lise, en revanche, ce règlement est instantané.
Tout Sur Mes Finances : interview de Mark Kepeneghian, DG de Lise, sur le fonctionnement de la plateforme pour un investisseur particulier, toutsurmesfinances.com/actualites/?p=378
En bref
Une bourse est un marché où s'achètent et se vendent des titres, notamment des actions. Pour une entreprise, c'est un moyen de lever des fonds sans emprunter. Pour un investisseur, c’est la possibilité d’investir dans un projet tout en faisant fructifier son épargne. Concernant son fonctionnement, un opérateur fait tourner la plateforme, un régulateur (l'AMF et l’ACPR en France) fixe les règles et un dépositaire en conserve la trace, comme une sorte de notaire.
En chiffres
Plus de 800 sociétés sont cotées sur Euronext Paris
7 000 milliards d'euros de capitalisation boursière totale sur l'ensemble des places Euronext en Europe
En moyenne, environ 15,4 milliards d'euros sont échangés chaque jour sur les marchés actions d'Euronext, en hausse de 19 % sur un an (chiffre à fin février 2026)
Environ 3,19 millions de transactions exécutées chaque jour en moyenne sur les huit premiers mois de 2026, en hausse de 9 % par rapport à la même période de 2025
Qu'est-ce qu'une bourse et comment ça fonctionne ?