La Retail Investment Strategy : un cadre renforcé pour les particuliers
Le 18 décembre 2025, après plusieurs années de négociations, le Conseil de l'UE et le Parlement européen ont conclu un accord politique sur la Retail Investment Strategy. Un texte qui redessine les règles du jeu pour des dizaines de millions d'épargnants européens.
Le constat
La Retail Investment Strategy fait suite au constat suivant : les investisseurs particuliers supportent en moyenne des frais 40 % plus élevés que les investisseurs institutionnels pour des produits comparables. Les documents d'information sont souvent illisibles. Les conflits d'intérêts entre distributeurs et concepteurs de produits restent peu encadrés. Et la participation des ménages européens aux marchés de capitaux reste structurellement faible, pendant que près de 10 000 milliards d'euros d'épargne stagnent dans des dépôts à faible rendement.
La RIS s'inscrit dans un agenda plus large : la Savings & Investments Union, dont l'ambition est de faire circuler l'épargne européenne vers le financement des entreprises, en particulier des PME. Donner aux particuliers un accès équitable, lisible et protégé aux marchés de capitaux est l'un des leviers centraux de cette stratégie.
L’accord du 18 décembre 2025
L'accord conclu entre le Conseil et le Parlement porte sur un ensemble de modifications ciblées à plusieurs directives existantes (MiFID II, Solvabilité II, OPCVM, AIFM) regroupées dans une directive omnibus. Trois axes structurent le texte.
Premier axe : la transparence sur les coûts. Les entreprises d'investissement seront tenues de recenser et de quantifier l'ensemble des frais et commissions supportés par l'investisseur, de manière claire et séparée. L'objectif est de permettre une comparaison effective entre produits, ce qui, aujourd'hui, reste difficile pour la grande majorité des épargnants.
Deuxième axe : l'encadrement des incitations. Le texte renforce les règles sur les rétrocessions - ces commissions versées par les concepteurs de produits aux distributeurs - en imposant qu'elles procurent un avantage tangible au client. Une évaluation de l'impact de ces règles est prévue trois ans après l'entrée en vigueur de la directive.
Troisième axe : l'information et la culture financière. Le texte modernise les documents d'information clés (KIDs/DIC) pour les rendre plus lisibles et accessibles sous forme numérique. Il introduit des dispositions spécifiques sur l'éducation financière, en encourageant les États membres à aider les citoyens à comprendre les risques et les avantages de l'investissement. Il encadre également les pratiques des influenceurs financiers (les « finfluenceurs ») dont le rôle croissant dans la formation des comportements d'investissement est désormais formellement reconnu par le régulateur.
Les échéances
Les travaux techniques de finalisation des textes se poursuivent. Une fois publiée au Journal officiel de l’Union Européenne, la directive laissera aux États membres 24 mois pour transposer les nouvelles règles dans leur droit national et 30 mois avant leur entrée en application effective, sauf pour les règles relatives aux PRIIPs, qui s'appliqueront dès 18 mois après publication.