Jeunes et Bourse : le paradoxe d'une génération plus prête à investir

Jeunes et Bourse : le paradoxe d'une génération plus prête à investir
Quand on pense aux jeunes et à la Bourse, l'image reçue est celle d'une génération distraite par tout sauf par l'épargne. L'étude Lise × poll&roll, menée en juin 2026 auprès de 1 000 Français représentatifs de la population, raconte une histoire différente : les 18-34 ans sont la tranche d'âge la plus confiante face aux marchés financiers, devant leurs aînés. Le problème n'est donc pas leur appétence, mais l'accès à des repères concrets pour investir en bourse jeune. Voici ce que révèlent les chiffres, et ce qui reste à construire.

Ce que révèle l'étude Lise sur les jeunes et la Bourse
Le constat national, tous âges confondus, pose le décor : 66 % des Français n'ont jamais investi en Bourse, alors même que les ménages détiennent près de 6 000 milliards d'euros d'épargne (Insee, 2024). Le frein n°1 cité est le risque perçu (70 %), loin devant le manque de connaissance (30 %) — mais ce déficit de culture financière est sous-jacent partout : seuls 17 % des Français comprennent assez le fonctionnement d'une introduction en Bourse (IPO) pour y participer, et 56 % ne savent pas concrètement par où commencer.
C'est dans ce contexte que le profil des 18-34 ans se distingue.
Les 18-34 ans, génération la plus confiante face aux marchés
Sur la question « vous sentez-vous capable de commencer à investir ? », les jeunes de 18-34 ans arrivent largement en tête avec 52 % de réponses positives, contre 40 % chez les 35-49 ans, et un plancher à 29 % chez les 50-64 ans.
Un paradoxe générationnel : les plus dotés, les plus frileux
Ce chiffre s'inverse avec le patrimoine : les 50-64 ans détiennent le patrimoine le plus important, mais affichent le score de confiance le plus bas de toutes les tranches d'âge. Autrement dit, la génération la mieux dotée financièrement est aussi la moins engagée dans les marchés — un paradoxe que l'étude documente noir sur blanc.
57 % des jeunes n'ont pourtant jamais investi
La confiance ne se traduit pas encore en passage à l'acte : 57 % des 18-34 ans n'ont jamais investi en Bourse, contre 74 % chez les 50-64 ans. L'écart entre les générations est net, mais il ne doit pas masquer l'essentiel : chez les jeunes, la marge de progression tient moins à un blocage psychologique qu'à un manque de repères pratiques.
Pourquoi les jeunes hésitent encore à investir en bourse
L'étude distingue deux natures de frein, et elles ne sont pas les mêmes selon l'âge.
Un frein d'abord informationnel, et donc soluble
Chez les jeunes, 38 % citent le manque de connaissance comme premier frein à l'investissement. C'est un obstacle par nature soluble : la barrière est pédagogique, pas structurelle. Elle se résout par de l'explication concrète — comment ouvrir un compte, quel montant minimum, quelle différence entre les supports — plutôt que par un changement d'attitude face au risque.
Le vocabulaire financier, un mur pour toutes les générations
Ce déficit de repères se lit dans la maîtrise du vocabulaire de base. Seuls 40 % des Français déclarent comprendre assez la notion d'« action » pour investir, un chiffre qui chute à 21 % pour le PEA, 18 % pour les obligations, 17 % pour l'IPO et seulement 10 % pour l'ETF. Ce mur touche toutes les générations, mais il pèse différemment selon l'âge et le sexe : les femmes, par exemple, sont deux fois moins nombreuses que les hommes à avoir déjà investi (23 % contre 41 %), avec un déficit de confiance marqué (64 % ne se sentent pas en capacité d'investir, contre 48 % des hommes).
PEA, ETF, IPO : ce que les jeunes maîtrisent, et ce qui leur échappe encore
Le détail par instrument financier montre une génération jeune plus ouverte aux nouveaux véhicules d'investissement que ses aînés.

Le PEA, une référence encore partagée à 18-34 ans
Chez les 18-34 ans, la compréhension du PEA et de l'ETF est à égalité, à 16 % chacun. Ce n'est plus le cas plus loin dans la pyramide des âges : chez les 65 ans et plus, la maîtrise du PEA grimpe à 27 %, pendant que celle de l'ETF retombe à 6 %. Les seniors s'appuient sur un produit historique qu'ils connaissent bien ; les jeunes partent d'une base plus large, mais moins approfondie sur chaque instrument.
Les jeunes, plus réceptifs aux nouveaux instruments financiers
Ce nivellement à 18-34 ans — plutôt qu'un rejet des produits récents comme l'ETF — traduit une génération moins ancrée dans un seul réflexe produit. C'est aussi la tranche d'âge qui maîtrise le mieux l'ensemble des notions financières testées : seuls 13 % des 18-34 ans déclarent ne maîtriser « aucune » notion, contre 28 % chez les 65 ans et plus.
Le tissu productif français, un angle mort partagé par toutes les générations
Interrogés sur ce qu'on peut acheter en Bourse, les Français citent d'abord les grandes capitalisations européennes (45 %) et les géants américains (37 %), loin devant les PME et ETI françaises (24 %) — pourtant le cœur du tissu productif national.
Le réflexe « tricolore » — citer d'abord un champion français ou européen — monte nettement avec l'âge : 32 % chez les 18-34 ans, 52 % chez les 50-64 ans, 54 % chez les 65 ans et plus. À l'inverse, les jeunes pensent d'abord aux géants américains (39 %). Mais sur un point, toutes les générations se rejoignent : les PME et ETI françaises restent l'angle mort partagé, de 23 % (18-34 ans) à 28 % (65 ans et plus) de citations seulement.

Comment les jeunes peuvent passer à l'action
Puisque le frein des 18-34 ans est avant tout informationnel, la première étape consiste à se familiariser avec des repères simples : ce qu'est une action, un PEA, une introduction en Bourse, avant de choisir un support d'investissement. C'est précisément l'écart que Lise, la nouvelle Bourse française, cherche à combler pour les PME et ETI françaises : un marché primaire ouvert 24/7, sans frais d'entrée, où les particuliers peuvent devenir actionnaires dès l'introduction en Bourse d'une entreprise. Lise est opérée par Kriptown, agréée ACPR et supervisée par l'AMF.